Impôt, je t’aime

Saches que je t’aime, impôt. Et ne cherche pas d’ironie, il n’y en a point.

Cher impôt, tu es capable de faire ce qu’aucun d’entre n’est capable de faire tout seul: nourrir, loger, protéger, soigner, instruire, construire, juger. Tu nous permets de partir même si tu nous surveilles toujours un peu et tu sais nous permettre de revenir avec un regard bienveillant.

Impôt, je t’aime comme un enfant aime son parent et je sais que tu me recueilleras même à près ma mort.

Tu sais être présent et tu es le principal élément de notre union nationale. Blacks, Blancs, Beurs, ce n’est pas né en 1998 mais avec la dîme, la gabelle et la taxe sur le sel. Tu fais parti de notre quotidien et même si, tel un éternel adolescent durant une éternelle crise d’adolescence, je te critique constamment, je suis fier d’être ton enfant et de pouvoir compter sur toi.

Bien sûr, j’ai quelques reproches à te faire, mais je sais que je suis une partie de toi, alors je te pardonne.

Enfin je dis « tu », mais à l’inverse des religions, les hommes ont su te multiplier. Cela se comprend, ils ont des élections à gagner, des électeurs à acheter et cela ne peut pas se faire avec leur argent, ils se donnent tellement pour en gagner qu’ils ne vont pas le dépenser. Eux aussi comptent sur toi.

Allah a ses imams, Jehova a ses rabbins, Dieu a ses curés et toi, tu as tes politiques, des sortes de guides spirituels qui indiquent au peuple tes volontés. Ils parlent en ton nom en indiquant qui doit te donner et à quelle partie de leurs électeurs tu dois redistribuer une partie pour qu’ils soient éternellement réélus.

Même s’il est normal que leur travail puissent se nourrir leur famille, il est dommage de constater que de tout temps, les brebis galeuse gangrênent ton troupeau.

Bon pas trop d’inquiétude, ils te laissent pas assez contribuer pour payer des juges car sinon on ne mettrait plus plusieurs années à condamner ceux qui t’obligent à payer des emplois fictifs, ceux qui détourne de l’argent en liquide, ceux qui te surfacturent le travail de leur maitresse, ceux qui ont des phobies fiscales et qui ne guérissent spontanément que quand on les a découvert, ceux qui se font corrompre par des industriels, ce qui viabilisent les terrains agricole de leur cousin, ce qui…. oulà, je m’emporte et m’éloigne du sujet principal.

Bref, c’est donc de tes serviteurs et de leur magouille que je vais principalement parler.

Car toi, impôt, je t’aime pour ce que tu es, ce que tu fais et ce que tu ferais de nous si l’esprit des hommes était incorruptible.

Impôt, je t’aime mais je crois que c’est ceux qui parlent en ton nom que je n’aime plus.

Print Friendly, PDF & Email